mes secrets de fabrication de luthier: bois, sonorité, modèles, vernis
Artisan Luthier
mes secrets de fabrication
le son, les bois, les vernis...
- Construction et approche personnelle
- Le son
- Les vernis
- Les bois
- L'excellence de la lutherie contemporaine
- Mes créations
la fabrication
construction et philosophie
Mon inspiration est la période "dorée" du 17-18ème siècle, en particulier la lutherie crémonaise et vénitienne, mais ma démarche se veut créative:
Suivre les "grands Maîtres" n'est-il pas retrouver leur esprit et leur modernité ?
Pas de copie chez moi donc, mais la somme d'inspirations et d'émotions diverses, et le fruit d'une évolution intime et régulière.
Je développe ainsi mon propre modèle depuis des années, le faisant évoluer de façon infime.
Tout est dans les détails : les voûtes, les coins, les ourlets, les ouies, la volute et le chevillier, les bords et le filetage, autant d'éléments dans lesquels j'essaie de développer mes goûts esthétiques.
Elle est fondamentale pour atteindre mes objectifs en matière d'esthétisme et de sonorité.
Je place une éxigence identique dans ce qui ne se voit pas, par exemple dans la façon dont les contre-éclisses sont encastrées dans les tasseaux.
Cette exigence constitue véritablement ma signature.
Près de 200 heures sont nécessaires à la fabrication d'un violon artisanal de qualité.
Les accessoires sont choisis parmi les meilleurs.

Vibrations et Résonances...
une conception maîtrisée tout au long de la fabrication de l'instrument
Conception sonore

Je perfectionne inlassablement depuis mes débuts une démarche personnelle en développant mon propre modèle et un processus de "quantification" des caractéristiques sonores durant toute la fabrication. Ma quête du son est méticuleuse et précise, rationnelle, maîtrisée, en cohérence avec ma démarche esthétique.
Les caractéristiques sonores d'un instrument ne sont pas le fruit d'heureux hasards: la sonorité se construit dès le tracé, le choix des bois et leur densité.
Puis les étapes clé sont la détermination des profils des voûtes, et les mises en épaisseur, ainsi que le barrage.
Je travaille par mesure et analyses des modes de résonance principaux et sur les fonctions de transfert.
Mes instruments sont tous "frères de son" et une signature sonore spécifique à mes instruments trahi leur paternité :
Des graves puissants, timbrés, une chaleur qui se poursuit jusqu'en haut de la chanterelle, un éclat et un équilibre général de chaque cordes, une clarté et une facilité de jeu excellente.
Tous mes instruments répondent aux mêmes exigences de confort de jeu indispensable à l'expressivité du musicien: tous sont facilement jouables, les cordes répondent à la moindre sollicitation de l'archet, la puissance de chaque corde est équilibrée, et la jouabilité est parfaite sur toute la touche.
Montage
Un instrument bien construit n'est rien s'il n'est pas parfaitement monté, ajusté et réglé...
Le choix des accessoires, la nature des cordes, l'ajustement du chevalet, de la touche et de l'âme, sont des éléments capitaux, tant pour le confort de jeu du musicien que pour les qualités de son de l'instrument.
Ce point est rarement mis en avant.
Pourtant, il convient de ne pas oublier que la source sonore initiale est le frottement du crin de l'archet sur les cordes...
J'accorde donc beaucoup d'importance aux éléments les plus influents sur cette excitation initiale.
Réglages

mes vernis
Mon approche du vernis

Conformément à ce que me semble devoir être un bon vernis et un bon instrument, je ne pratique pas de vieillissement artificiel agressif.
Je propose des finitions en "vernis plein", seule solution totalement pérenne à long, moyen et même court terme.
Seule solution "vraie" à mes yeux, qui ne soit pas basée sur le faux, et sur l'imitation d'une apparence et d'une histoire factice. J'assume un véritable militantisme sur ce point.
Mon approche esthétique cherche à recréer une attractivité naturelle forte, en particulier à travers la mise en valeur du bois, et en travaillant sur la transparence, les jeux de reflets, et les textures.
cuisson de vernis
Je réalise mes propres vernis, selon les connaissances historiques acquises et les dernières études scientifiques menées sur les instruments des grands maîtres italiens.
Il s'agit de vernis gras, à cuisson longue de térébenthine de Venise mêlée à de l'huile de noix cuite.
La cuisson de la résine à haute température qui dure des jours, apporte cette couleur ambrée dichroïque si chaleureuse, qu'aucun pigment ne peut apporter.
Un bon vernis n'est pas cassant, il est souple mais ne marque pas, il doit avoir une grande transparence, être subtilement coloré.
préparation du vernis avant application
broyage des pigments
Avant l'application du vernis sur l'instrument, celui ci est préparé plus précisément en fonction de chaque couche. Il peut être chargé, mélé à des pigments pour le colorer, dilué, ou mélangé à d'autre composants

application du vernis
L'application du vernis et la préparation du bois est réalisée par plus de 10 opérations successives, le vernis ne fait au final que quelques centièmes de mm.
Son application se fait au pinceau, mais doigts et paume de la main peuvent être des alliés utiles...!
Ma démarche est la qualité : aucun acide ou alcali n'est utilisé pour colorer les bois.
Je n'utilise que des ingrédients naturels soigneusement sélectionnés.
Durant les premières années de la vie de l'instrument, le bois et le vernis entament un long processus... le vernis se patine naturellement.
A leur fabrication, les instruments d'Amati, Stradivari et des autres maîtres anciens étaient clairs, ambrés, orangés, rosés ou rouges, transparents et purs...

les bois
.les bois de lutherie: une sélection très rigoureuse
la matière comme un appel à la création
Dans le processus de création, le moteur infatigable de mon envie est le bois : toujours choisi méticuleusement, l'épicéa tantôt strict, régulier, ou au contraire chenillé, plus "vivant". L'érable est choisi à pousse lente, au grain fin avec de belles ondes.
Manche, éclisses et dos sont toujours issus du même arbre. J'utilise parfois des dos ou des tables en une seule pièce.
Les bois sont stockés de nombreuses années avant d'être travaillés (10-15 ans).
Ils proviennent du juras pour l'épicéa, des forêts françaises ou des balkans pour l'érable.
la lutherie contemporaine
la lutherie contemporaine:
excellence, connaissance, passion
La lutherie contemporaine est dans une période de renouveau créatif et qualitatif très net, au point que certains considèrent que nous sommes entrés dans un nouvel "âge d'or".
Depuis quelques décennies, la physique, l'acoustique, la dendrochronologie, la chimie, les recherches historiques, bénéficiant de l'évolution des outils d'analyse et de mesure, nous ont donné des réponses, tant sur le fonctionnement du violon que sur les instruments anciens.
On a vu s'accroître le niveau de connaissance et de maîtrise dans tous les grands domaines de la lutherie: fabrication, restauration, vernis, analyses modales....
De grands concours internationaux mettent en lumière des instruments de très haute qualité.
Les musiciens bénéficient d'une offre d'une grande qualité et d'une grande richesse de style. D'ailleurs, on voit de plus en plus de solistes réputés faire le choix d'instruments contemporains.

Les comparatifs en" aveugle" et en particulier les travaux de Claudia Fritz du CNRS remettent totalement en cause les a-priori concernant la supériorité affirmée des instruments anciens :
Lors de 2 études, les plus grands violons anciens (tradivarius période dorée ou Guarnérius) ne sont pas préférés par des solistes renommés, face à des instruments contemporains. Les violons modernes sortent mieux notés, tant en petite salle qu'en salle de concert, et également sur des notions de chaleur, de timbre ou de projection.
( voir l'étude complète de 2014)
Par leur sérieux, ces travaux apportent un éclairage nouveau sur la question de la subjectivité dans les critères d'analyse des caractéristiques sonores des instruments, et sur la fragilité d'affirmations pourtant largement répandues.
Indirectement, ils ouvrent un vaste champ de recherche sur la création du lien instrument/instrumentiste et sur les notions de perceptions.
Reportage
"Le nouvel age d'or de la lutherie"
Reportage de France3 du 25 mai 2025
En quelques minutes trop courtes, un survol des raisons pour lesquelles la lutherie contemporaine mérite toute l'attention des musiciens:
avec Ophélie Gaillard (violoncelliste), Claudia Fritz (chercheuse CNRS), David Léonard Wiedmer (luthier) et moi même.



























































































